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Semmelweis

Category: Livres,Romans et littérature,Livres de référence

Semmelweis Details

" Et c'est vers la fin de ces deux années passées dans la chirurgie qu'il écrivit, avec cette pointe de hargne par laquelle se caractérise déjà sa plume impatiente : " Tout ce qui se fait ici me paraît bien inutile, les décès se succèdent avec simplicité. On continue à opérer, cependant, sans chercher à savoir vraiment pourquoi tel malade succombe plutôt qu'un autre dans des cas identiques. "Et parcourant ces lignes on peut dire que c'est fait !Que son panthéisme est enterré. Qu'il entre en révolte, qu'il est sur le chemin de la lumière ! Rien désormais ne l'arrêtera plus. Il ne sait pas encore par quel côté il va entreprendre une réforme grandiose de cette chirurgie maudite, mais il est l'homme de cette mission, il le sent, et le plus fort est qu'un peu plus, c'était vrai. Après un brillant concours, il est nommé maître de chirurgie le 26 novembre 1846. "

Reviews

"Mirabeau criait si fort que Versailles eut peur" devrait être davantage connue, dans le Panthéon des amorces de grands textes, aux côtés d'Hugo (ce siècle avait deux ans) et de Proust (longtemps, je me suis levé de bonne heure). Ici, le médecin Destouches, pas encore Céline, lâche les chevaux dés les vingts premières pages, étourdissantes, bousculantes, éructantes. Puis vient l'histoire de Philippe-Ignace. Sa vie, son milieu, sa famille. Et monte en puissance cette histoire tellement XIXème siècle, entre sciences et positivisme d'une part et aristocratie universitaire d'autre part, avec au milieu des femmes et des bébés qui meurent en pagaille de la fièvre puerpérale. La fin de la thèse de doctorat du médecin Destouches, car il s'agit bien de sa thèse de doctorat de médecine, est romancée et dévie par rapport au sort du vrai Ph-I. Semmelweiss. Peu importe. Quelle prose, quel style. Un petit chef-d'oeuvre, malheureusement massacré par l'indéfinissable Josée Dayan dans un téléfilm pathétiquement pitoyable financé par la télévision publique. Heureusement pour elle que Céline était mort depuis longtemps. Et dommage pour nous que nous n'ayons pu profiter de sa contre-attaque contre la fumeuse de cigares subventionnée par nos impôts.

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